Alors que les expérimentations autour de l’Intelligence Artificielle (IA) générative et agentique s’accélèrent au sein de nos administrations et de nos collectivités territoriales, la CFTC Fonction Publique rappelle avec force que la transition technologique ne pourra se faire au détriment des femmes et des hommes qui font vivre le service public au quotidien.
Fidèle à ses valeurs fondatrices plaçant la personne humaine au centre de toutes les décisions, la CFTC refuse une vision purement comptable ou technocratique de la modernisation administrative.
1. Pour un service public à visage humain : Le droit au contact physique
Le progrès technique ne doit jamais devenir une barrière entre l'administration et l'usager, ni entre l'agent et sa hiérarchie. La CFTC défend un service public de proximité, inclusif et solidaire. L'IA doit être un levier pour libérer du temps de travail au profit de l'écoute, de l'accompagnement des plus vulnérables et de l'accueil physique. L'algorithme peut instruire, mais seul l'agent public peut accompagner.
2. L'Agent public « augmenté », pas l'agent sacrifié
La CFTC s'oppose fermement à toute tentative d'utiliser l'IA comme un outil de réduction aveugle des effectifs ou d'intensification des cadences. Si la machine doit nous soulager des tâches les plus répétitives et chronophages, ce gain de productivité doit se traduire par une amélioration concrète de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) et par une réduction de la charge mentale des agents.
3. Un plan massif d'accompagnement et de formation : Le refus de la fracture numérique
L’évolution des métiers exige une anticipation ambitieuse des compétences. La CFTC exige de l'État et des employeurs territoriaux :
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Un droit à la formation continue et à l'acculturation pour TOUS les agents, sans distinction de catégorie (A, B, C), afin d'éviter une fracture numérique interne.
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La valorisation des soft skills (compétences relationnelles, écoute, discernement éthique), qui constituent la véritable richesse de nos métiers.
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Une revalorisation des grilles et des carrières indexée sur ces nouvelles expertises techniques et humaines demandées aux agents.
4. Une éthique absolue et une supervision humaine garantie
La CFTC réclame la mise en place d'une Charte Éthique de l'IA co-construite par le dialogue social dans chaque administration. Nous défendons le principe intangible de la supervision humaine subsidiaire : une décision administrative touchant à la carrière d'un agent ou aux droits d'un citoyen ne doit jamais être dictée ou validée automatiquement par une machine. L'IA doit rester un outil d'aide à la décision, sous le contrôle exclusif du discernement humain.
L'engagement de la CFTC :
« Nous ne subirons pas la révolution technologique. Nous la négocierons. Fidèles à notre syndicalisme de construction et de proposition, nous veillerons à ce que l'IA soit un vecteur de progrès social, de sens au travail et d'épanouissement professionnel pour chaque agent public. »